Franck Eclair

Habitué à déménager très jeune, j’ai vite compris que les lieux sont habités d’une multitude de phénomènes . Des mémoires agglutinées dans les murs ou planquées dans les recoins du salon, des présences ricanant dans les placards. Des ondes partout, des endroits où l’on se sent à la maison, et d’autres qu’on veut fuir sur le champ…

 

Années 70. Le premier contact.

En balade à vélo avec mes copains dans la campagne champenoise, nous bavardons au pied des bottes de paille quand le silence s’impose. Absolu, comme empreint de sacré. Une forme lumineuse  apparait d’un coup, immense dans le ciel face à nous, un rectangle orange . Une lumière éclatante qui n’éblouit pas, la sensation que le temps s’est arrêté. Un ovni.
C’est l’été, en plein après-midi. Aucun son, même pas le chant des oiseaux. Le tracteur en contrebas est figé sur place. Le phénomène flotte un moment dans le ciel, et d’un coup la lumière s’intensifie. Les bords frémissent, la lumière s’intensifie au centre, ça accélère à la vitesse de l’éclair et pfuit! Plus rien. Les oiseaux gazouillent, le tracteur reprend son sillon et le ciel est déjà passé à l’heure bleue. Combien de temps? Quelques heures condensées en un instant? Une lumière diffuse, comme une présence impalpable nous éclaire tout le long du chemin qui nous ramène au village. Il fait presque nuit, l’émotion emplit ma poitrine, et j’ai la certitude que je ne serai plus jamais seul.

Années 90

Au cours de mes premiers voyages en tant qu’assistant photo, j’ai savouré la joie de découvrir des cultures, des gens et des lieux différents. Au contact d’esprits inconnus et de présences invisibles, mes perceptions se sont ouvertes à des univers plus vastes. De l’hôtel hanté par un fantôme rigolard dans les fjords de Norvège, à la reconnexion d’une vie antérieure dans un palace du Rajasthan peuplé de souvenirs et de mémoires sans âge; j’ai aussi vécu une expérience de voyage temporel à Séville, dans un hôtel construit sur un lieu hautement chargé.

C’est en Bretagne qu’une joyeuse bande de druides m’a initié au langage de l’invisible. J’avais à peine trente ans quand, admis pour un temps dans leur cercle, ils m’ont enseigné les bases de la radiesthésie et de la géobiologie classique. Pendule, baguettes coudées, radionique… Je pouvais enfin mettre des mots sur mes ressentis et les classifier. Mes croyances ont été secouées comme dans un  shaker géant.

An 2000

Sous les toits d’un appartement du 14ème arr. parisien, j’ai entrepris une véritable fouille archéologique des strates de mémoires qui me narguaient du parquet au plafond. J’y ai vu des démons lubriques danser à l’intérieur des murs, j’ai libéré l’âme d’une femme coincée dans un coin du salon suite à son décès, une cinquantaine d’années plus tôt. J’ai ressenti ses souffrances et sa peine infligées par un homme, là, juste sous mon toit. Et j’ai compris que d’autres y avaient souffert avant elle, comme si ce lieu attirait la même histoire en boucle.

 

Me croyant plus fort que ces intrus désincarnés, j’ai joué à l’apprenti sorcier en arrachant la moquette pour les virer de chez moi. C’est là que j’ai commencé à sombrer dans la folie. L’hôpital m’a sauvé, maladie déclarée. Coupure nette avec les esprits et retrouvailles avec le mien, trois mois d’échanges avec une psy, et autant de séances avec une sophrologue pour une réconciliation progressive avec la vie réelle. Et le retour de ma joie de vivre.

A ma sortie, j’ai repris mon job de photographe avec enthousiasme. Des instants de grâce, des moments d’équilibre parfait. Mes ressentis n’avaient pas disparu pour autant. De plus en plus souvent, certains lieux m’appelaient à l’aide. Comme une chambre d’hôtes du Périgord à rééquilibrer, un hôtel du Luberon à libérer de présences indésirables. Je ne cherchais rien, ça s’imposait à moi pour prendre de plus en plus le pas sur mon job. J’ai donc ressorti ma paire de baguettes.

2008

Lors d’un voyage au Chiapas (Mexique), j’ai eu la chance de voyager entre les mondes  au cours d’une cérémonie à l’Ayahuasca, guidée par le chamane David et ses deux partenaires. Ce jour là, j’ai vu sans équivoque ces autres réalités dont j’avais l’intuition depuis des années. Cette expérience fût si extraordinaire qu’il m’est impossible de la décrire avec des mots. Le face à face avec moi-même et la rencontre d’entités lumineuses dans cet autre monde a dégommé mes idées reçues. Une véritable mise à jour de mes croyances limitantes. Il m’a ensuite été de plus en plus difficile de composer avec le rationalisme dominant de mon milieu professionnel. Dès lors, j’ai vécu dix ans de tiraillement « entre deux mondes », jusqu’à la rupture conventionnelle. Il m’a fallu 8 mois de négociation pour accepter que je n’étais qu’un pion sur leur échiquier. Fin des illusions, signez là et basta!..

Depuis 2015

Depuis 2018  : une nouvelle voie s’est ouverte en participant à des stages de Radiesthésie Holistique, à raison d’une fois par mois
en moyenne, avec ma nouvelle famille d’âmes du côté d’Orléans.

2019 : une formation en Géobiologie avec Stéphane Mazuy, géobiologue. Ou selon lui, une validation de mes compétences.

Et aussi, nombre d’autres ateliers ponctuels et des échanges de connaissances avec des médiums et des magnétiseurs placés sur mon chemin depuis longtemps.

Ma meilleure formation est la vie, c’est l’expérience qui enseigne le mieux . J’ai fini par accepter que je sui un passeur.

La photographie crée la mémoire en la captant, elle m’a appris à voir au-delà du visible. Mais en géobiologie, c’est avec les mains, le corps et les baguettes que je vois le mieux.


Franck Eclair.