Franck Eclair

   Habitué à déménager très jeune, j’ai vite compris que les lieux sont habités d’une multitude de phénomènes . Des mémoires agglutinées dans les murs, des secrets planqués dans les recoins du grenier, des présences ricanant dans les placards. Des ondes partout, des endroits où l’on se sent à la maison, et d’autres qu’on veut fuir sur le champ…

    Très tôt je me suis interessé à différents courants spirituels et philosophiques. Très inspiré par la légende arthurienne, j’ai aussi lu Jung, Nietzsche, le poète soufi Rumi, et bien d’autres jusqu’à la découverte de Carlos Castaneda. Une révélation!

Premiers contacts

   Années 90 – C’est le début de ma « carrière photographique ». Au cours de mes premiers voyages en tant qu’assistant photo, j’ai savouré la joie de découvrir des cultures, des gens et des lieux différents. Au contact d’esprits inconnus et de présences invisibles, mes perceptions se sont ouvertes à des univers plus vastes. De l’hôtel hanté par un fantôme espiègle dans les fjords de Norvège, à la rémanence d’une vie antérieure dans un palace du Rajasthan (en Inde) saturé de mémoires sans âge; j’ai aussi vécu l’expérience du voyage temporel à Séville, dans un hôtel construit sur un terrain au passé trouble et chargé.

Les karmas et les druides

    Comme guidé toute ma vie sur la voie des mondes invisibles, avec le sentiment profond qu’elle était régie par des lois karmiques, mon intuition s’est incarnée par une rencontre destinée.

C’est en Bretagne qu’une joyeuse bande de druides m’a initié au langage de l’invisible. Je n’avais pas trente ans quand, admis pour un temps dans leur cercle, ils m’ont initié à la radiesthésie à la géobiologie classique. Rituels, pendule, baguettes coudées, échelle de Bovis et radionique… Je pouvais enfin mettre des mots sur mes ressentis et les classifier. Mes croyances  furent  secouées comme par un  coup de shaker géant.

L'apprenti sorcier

   Sous influence magique, j’ai emménagé dans un appartement du 14ème ardt parisien sous les toits.  J’y ’ai entrepris une véritable fouille archéologique des strates de mémoires qui me narguaient du parquet au plafond. J’y ai vu des démons lubriques danser à l’intérieur des murs, j’ai libéré l’âme d’une femme repliée dans un coin du salon suite à son décès, dans les années 50. J’ai ressenti sa peine et ses souffrances infligées par un homme violent, là, juste sous ce toit. Et j’ai compris que bien d’autres y avaient souffert avant elle, comme si ce lieu attirait la même histoire en boucle.

   Me croyant plus fort que ces intrus désincarnés, j’ai joué à l’apprenti sorcier . Jusqu’à arracher la moquette et gratter le moindre recoin de l’appartement pour les virer de chez moi. En vain, c’est moi qui suis parti. Pendules et baguettes au placard, après un clash avec ces druides et leur vanité.

   Les années suivantes, installé à Montmartre, ma chère colline du Sacré Coeur, j’ai vécu un regain d’enthousiasme dans  mon activité de photographe. Des instants de grâce, des moments d’équilibre parfait. Mes ressentis n’avaient pas disparu pour autant. De plus en plus souvent, certains lieux m’appelaient à l’aide. Comme une chambre d’hôtes à rééquilibrer dans le Périgord, un hôtel du Luberon à libérer de présences indésirables ou mes nombreuses chambres d’hôtel en reportage… Je ne cherchais rien, ça s’imposait à moi pour prendre de plus en plus le pas sur mon job. J’ai donc ressorti ma paire de baguettes et mon pendule.

L'autre monde

   2008 – Lors d’un séjour au Chiapas (Mexique), j’ai eu la chance de voyager entre les mondes  au cours d’une cérémonie à l’Ayahuasca, guidée par le chamane David et ses deux acolytes Jerusha et Saïdé. J’ai vu et vécu sans équivoque ces autres réalités dont j’avais l’intuition depuis des années. Cette expérience fût si extraordinaire qu’il m’est impossible de la décrire avec les mots. Le face à face avec moi-même et la rencontre d’entités lumineuses et d’esprits animaux dans ces univers vibrants a dégommé toutes mes idées reçues. Une véritable mise à jour de mes croyances limitantes. Il m’a ensuite été de plus en plus difficile de composer avec le rationalisme dominant et  sarcastique de mon milieu professionnel. Dès lors, j’ai vécu dix ans de tiraillement « entre les mondes ».

Le switch

   2015  : Adieu Paris! La porte grande ouverte sur le chemin qui m’appelait depuis des années, j’ai  franchi le seuil en suivant des ateliers de radiesthésie, et en ré-apprivoisant mes ressentis. 2019 : Rupture conventionnelle avec le magazine qui m’employait. 8 mois de négociation pour accepter que je n’étais qu’un pion sur l’échiquier égotique du milieu de la presse. Fin de la grande illusion, signez là et basta!

J’ai donc suivi une formation en Géobiologie avec Stéphane Mazuy (plutôt une validation de mes compétences selon lui). Dans la foulée j’ai rencontré ma nouvelle famille d’âmes dans le Loiret. Pour un apprentissage mensuel de la Radiesthésie Holistique et Symbolique. Jusqu’à ce jour, comme une formation continue.

   Et tout s’est éclairé. Je me suis souvenu des nombreuses rencontres  qui ont ponctué ma vie, de tous mes échanges d’expériences et de connaissances avec des médiums, des guérisseurs, des magnétiseurs (aussi des mythomanes et des imposteurs) placés sur mon chemin depuis longtemps. Un medicine-man amérindien, un magnétiseur « à l’or vert » brésilien, des « curanderos » au Mexique, d’humbles sages bienveillants en Grèce, et bien d’autres rencontres hautes en couleur en France et ailleurs…

Ma meilleure formation est la vie, c’est l’expérience qui enseigne le mieux .

« Passeur » selon certains, je me reconnais comme  « éclaireur ».

Franck Eclair